Publié le 01/01/2009, dans : Marché Nord et Est, Interviews
Indicateur Bertrand : Selon vous, la chute des ventes va-t-elle aussi entraîner une chute des prix ?

Jean-Michel Sède : Au troisième semestre 2008, les adhérents de la FPC ont vendu 661 logements sur la commune lilloise, soit 30 % de baisse par rapport au troisième trimestre 2007. L'année s'achèvera probablement avec une baisse de 40 % sur un an. Après de nombreuses mises en vente encore au second trimestre, les promoteurs ont revu leur stratégie depuis l'été.
On ne trouve qu'une trentaine de logements lancés sur l'agglomération lilloise à l'automne. Les stocks, c'est-à -dire les logements achevés invendus, sont encore très faibles. Ils risquent néanmoins d'augmenter au premier semestre 2009, lorsque des programmes en cours de construction seront achevés. Tous les promoteurs vont essayer de les limiter au maximum. C'est le sens des actions promotionnelles enclenchées actuellement.
Quelles que soient leurs formes, elles représentent 3 à 5% du prix. Si c'est plus, il faut se poser des questions sur le prix de vente initial. Étant donnés les coûts de production, je ne pense pas que les prix de vente pourront baisser au-delà de 5%.
I. B. : Comment peut-on sortir de cette crise ?
J.-M. S. : En résidence principale, les prix de sortie autour de 3 000 €/m2 ferment le marché à une partie des acheteurs. Les opérations en périmètre Anru situées autour de 2 500 à 2 600€/m2, s'écoulent rapidement. Quand on peut entrer dans le dispositif de TVA à 5,5 %, les prix descendent à 2 300 €/m2 et resolvabilisent une part importante des ménages. D'où l'intérêt de développer des dispositifs comme le Pass-foncier qui, au-delà de la subvention des collectivités, représente une réelle solution grâce au portage foncier et au paiement différé.
Cela est d'autant plus vrai dans une région comme la nôtre, où le PIB par habitant est l'un des plus bas de France, avec en plus de fortes disparités entre la métropole lilloise et la majorité du territoire. Il faut aussi que la confiance revienne. La sclérose du marché de l'ancien affecte beaucoup l'activité du neuf. Nous avons des annulations d'acheteurs qui ont obtenu un crédit-relais, mais craignent de ne pas vendre rapidement leur bien au prix escompté.
I. B. : Certains secteurs sont-ils plus fragiles que d'autres ?
J.-M. S. : Le Nord n'a pas échappé à de grosses opérations menées dans des villes en marge du centre, comme Fourmies par exemple, avec une offre déconnectée des réalités économiques. Je pense encore à Bayeulles, une ville entre Lille et Dunkerque, où un programme de 200 logements lancé par une société du Sud de la France est venu mettre en péril l'équilibre local. En revanche, les importantes opérations menées dans le cadre de la Zac à Valenciennes et dans le centre d'Arras s'écoulent bien, avec une demande de particuliers et de bailleurs sociaux.
* Fédération des promoteurs-constructeurs
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